Après le financement, voici le prêt participatif

Suisse : Tout le monde connaît ou presque le crowdfunding pour financer un projet, place au crowdlending pour obtenir un prêt sans passer par une banque.

Le financement participatif a toujours plus de succès. En effet, le crowdfunding, qui permet à la foule de financer un projet via une plateforme internet, est en vogue. Non seulement, il existe à ce jour quelque 50 plateformes de ce type en Suisse, mais en plus elles permettent de récolter toujours plus d'argent. Ainsi si en Suisse, 128 millions de francs ont été levés en 2016, c'est près de 400 millions qui auront été récoltés en 2017, selon le magazine Bilan qui cite une étude de la Haute école de Lucerne. 

Désormais, il existe une nouvelle mode qui fait appel à l'argent des citoyens: le «crowdlending». Soit le crédit participatif. Il permet d'obtenir un prêt sans passer par une banque ou institut financier, explique le magazine. Il fonctionne de manière simple: un porteur de projet lance un appel sur une plateforme internet et chaque «financeur» devient détenteur d'une partie du prêt. Un prêt dont le taux est fixé en fonction de la popularité ou de la nature du projet.

Remboursement mensuel

Tout le monde peut faire appel à ce financement. Conditions: décliner son identité, indiquer la somme souhaitée et la durée du crédit. La plateforme donne alors une estimation des mensualités, des intérêts et des frais, explique Bilan. Une fois vérifiée et si elle est solide, la demande est alors publiée. A charge alors pour le demandeur de rembourser son prêt mensuellement. 

Et ça marche plutôt bien: la plateforme Swisslending a déjà financé plus d’une douzaine de projets de promoteurs immobiliers pour plus de 16 millions de francs, dévoile Bilan. Deux ont déjà été remboursés avec des rentabilités de plus de 8% par an. Hic pour les prêteurs: si l'emprunteur fait faillite ou n'arrive pas à rembourser, ils perdent le capital investi.

Jusqu'en août 2017, l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers, la Finma avait fixé à 20 le nombre de prêteurs maximum par demande de crédit. Mais désormais, il n'y a plus de plafond. Le développement du crowdlending a donc de beaux jours devant lui, d'autant qu'il peut toucher à l'entrepreneuriat et des créations d'entreprises, la culture, le sport, les vacances, les frais de scolarité, l'immobilier, etc. Jusqu'ici, les prêts participatifs ont concerné à 40% les particuliers et à 60% les entreprises et PME. 

Les banques intéressées

Le crowdlending marche donc directement sur les plates-bandes des banques. Mais si celles-ci surveillent de près son développement, elles y voient aussi un intérêt et un investissement à moindre coût. Car dès qu'une plateforme atteint une taille critique, elles rentrent alors dans son capital, selon un expert interrogé par Bilan. Pour Vincent Pignon, président de la Swiss Crowdfunding Association, le crowlending est complémentaire aux prêts bancaires classiques et ne menacent pas les banques grâce aux règles fixées par la Finma. 

Du coup, on assiste à toujours plus de collaborations dans ce secteur. Ainsi Postfinance a noué un partenariat avec Lendico, leader européen du crowdlending, Raiffeisen va monter sa propre plateforme de financement participatif, heroslocaux.ch. Et d'autres établissements commencent à s'associer avec des plateformes.

Auteur:

TDG

Date de création:

29/01/2018